"Lorsque j'étais enfant, je me souviens que j'avais peur de ma mère et surtout de mon père, il était comme un dieu pour moi. Si je faisais une erreur, sans forcément que cela soit de ma faute, je pouvais m'attendre à recevoir une correction plus ou moins grande. Ma mère me criait dessus très souvent et pour moi tout cela était normal jusqu'à ce que je devienne moi-même mère. Mon fils a 6 ans et je ne l'ai jamais frappé hormis quelques fessées quand vraiment c'était nécessaire, je ne lui crie jamais dessus, j'essaye d'être la plus douce avec lui tout en étant ferme quand il le faut" Souhila, 33 ans nous livre ce témoignage qui est partagé par de nombreux algériens.
Chaque pays possède un héritage culturel avec des aspects tant positifs que négatifs. L'idéal serait d'effacer les mauvais aspects de cet heritage. Prendre le risque de les supprimer peut être mal perçu, cette condition est pourtant fondamental pour faire évoluer la société dans le bon sens. En Algérie, on aime éduquer à la dure, cela se transmet de génération en génération et même si ces dernières années, les choses commencent à changer, la violence faite aux enfants est toujours banalisée. Est-il normal qu'en Algérie, un professeur a le droit de corriger un élève sans la moindre impunité ? Les enfants sont continuellement misent sous pression, un instituteur frappe un enfant, et lorsque celui-ci rentre chez lui, il n'est pas rare de voir les parents corriger à nouveau l'enfant au lieu de dialoguer. Les enfants ainsi battus par leur parents peuvent, à l'âge adulte, réagir de deux façons, soient ils reproduiront la même chose avec leurs enfants, soient ils se remettront en question et essayerons d'apporter une nouvelle éducation à leurs enfants. L'éducation stricte fait que pour nos parents, frapper de temps en temps ce n'est pas martyriser un enfant, c'est simplement l'éduquer, les parents ont tous les droits, leurs progénitures leur appartiennent... C'est effrayant, car on se dit qu'avec cette mentalité, les dérives graves sont tout à fait possible ! En plus, ceci est totalement en désaccord avec les principes fondamentaux de l'islam. Le Prophète (SAWS) n'a jamais frappé ses enfants, ni ses femmes... Les parents ne sont pas intouchables, seul Dieu l'est. Un hadith du Messager d'Allah (SAWS) dit : "Vos enfants ne sont pas vos esclaves". Tout est dit ! On remarque que la tradition algérienne n'a pas d'empreinte islamique en ce qui concerne l'éducation des enfants et comporte de grandes lacunes. Il y a évidement, des parents aimants et attentifs avec leurs enfants, mais nous souhaitons ici décrier des généralités. Pour rappel, il existe une parole de l'Imam 'Alî ibn Abî Tâlib (P) qui dit : « Ton enfant, joue avec lui pendant ses sept premières années ; puis éduque le pendant les sept années qui suivent et fais-en un compagnon pour les sept années suivantes, puis laisse le agir à sa guise. » Pour être plus clair, les sept premières années, les besoins de l'enfant doivent être satisfaits et non ses caprices. Ses besoins principaux sont le jeu, l'amour et un cadre sécurisant (dont font partie les limites). Les sept années suivantes, vous devez lui demander de participer progressivement à toutes les activités de la maison afin qu'il apprenne à les faire par lui même. Les sept années suivantes (de 14 à 21 ans), on doit lui demander son avis, pour l'entraîner à utiliser sa raison et comprendre les conséquences de chaque acte. On doit donc en parallèle, lui enseigner le Halal et le Haram. En occident, même si on remarque qu'il existe un laxisme apparent chez l'éducation des enfants, notamment dans les écoles, on peut remarquer que l'enfant est respecté dans sa personne, le corps de l'enfant est une propriété privée, on ne touche pas à un enfant!
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Violenter un enfant : banal en Algérie
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