Découvrez RZĀNA, la performance de Maria Hocine qui rend hommage à la mémoire du 8 mai 1945 à travers une gestuelle algéroise contemporaine entre Alger et Paris.
Le 8 mai n'est pas seulement une date dans les livres d'histoire ; c'est une émotion qui se transmet. Avec « RZĀNA », la danseuse Maria hd transforme la douleur en mouvement et la mémoire en une grâce libératrice.
Un hommage au 8 mai 1945
C'est au pied de la Tour Eiffel que Maria a choisi d'ancrer RZĀNA. Loin d'une simple démonstration esthétique, cette performance s'érige comme un acte de mémoire face à l'indicible : les massacres du 8 mai 1945. En investissant ce symbole du paysage parisien, l'artiste confronte l'histoire et réaffirme la présence d'une identité meurtrie.
Portée par le duo complice formé par Maria, chorégraphe, et Lilya Hocine, architecte et danseuse, la performance explore la tension entre Alger et Paris. Ensemble, elles occupent l'espace à travers une gestuelle hybride, où la rigueur aérienne du ballet classique rencontre l'ancrage et les ondulations héritées de la danse algéroise.
Dans ce dialogue entre deux cultures et deux rives, le mouvement ne cherche pas à effacer la tragédie des 45 000 victimes, mais à lui redonner une dignité souveraine par le corps et le témoignage.
L'élégance du Karakou au service de l'art
Ce qui frappe immédiatement, c'est le contraste visuel. Maria et son binome arborent un Karakou noir somptueusement brodé d'or, porté sur un pantalon moderne évasé. Ce choix stylistique n'est pas anodin :
- Le Karakou : Symbole de la résistance culturelle et du raffinement algérois.
- Le contraste : Porter cette tenue traditionnelle en plein cœur de Paris affirme une identité fière qui refuse l'oubli.
La gestuelle, fluide et précise, rappelle les mouvements gracieux de la danse traditionnelle algéroise, mais réinventée, plus ancrée, plus dramatique. Chaque tour, chaque mouvement de bras semble raconter la transmission d'une mémoire qui refuse de s'éteindre.
Dignité et Apaisement
"Célébrer la transmission, la dignité et la mémoire, dans une volonté d’apaisement à travers le corps et le mouvement."
C'est ainsi que l'artiste définit son œuvre. Dans un monde où les mots s'affrontent souvent, Maria Hocine choisit le langage universel du corps pour panser les plaies. RZĀNA (la sagesse, la pondération en arabe) porte bien son nom : c'est une performance réfléchie, profonde, qui s'adresse autant au cœur qu'à l'intellect.
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