Beaucoup l'espéraient sans y croire ! C'est pourtant l'une des promesses de l'actuel président de la république Abdelaziz Bouteflika, candidat à sa succession.

Selon le quotidien arabophone Ennahar, cette loi applicable dès le mois d'avril prochain, permettra de punir pénalement tout homme accusé de harcèlement sexuel envers une femme dans les places publiques ou sur les lieux de travail. La peine encourue pourra aller jusqu'à cinq ans de prison ferme assortie d'une amende. C'est à l'occasion de la journée internationale de la femme que le président a adressé un message aux femmes. Il y présente un article juridique du code pénal qui avait été proposé dès 2007 sans être adopté. Une sanction qui intervient à point quand on sait que les femmes souffrent en silence et font face, quotidiennement, à l'incivilité des hommes. Ces hommes ont d'ailleurs des profils bien différents : jeunes chômeurs, travailleurs, policiers, chefs d'entreprise et même des pré-ado ! Ce problème n'est pas commun qu'à l'Algérie, plusieurs pays européens y font face ces dix dernières années. Souvenez-vous du débat lancé en Belgique suite à la diffusion d'une vidéo, relativement caricaturale, réalisée par Sofie Peeters. Le gouvernement belge a réagi en proposant une simple amende. Concrètement, on a du mal à comprendre comment cette loi pourra s'appliquer et être réellement dissuasive tant il sera difficile de prouver le harcèlement. Néanmoins, elle aura l'utilité de faire un rappel de la norme. Cette nouvelle règle, très bien accueillit par les algériennes, n'a pu empêcher quelques railleries des internautes algériens, notamment sur les réseaux sociaux. Si certains ironisent en commentant que cette loi risque d'envoyer tous les algériens en prison, certains pensent que cette loi sera difficilement applicable puisque les premiers à faire subir cet harcèlement sont les représentants de l'ordre public. D'autres "mâles" réagissent en ces termes : "el harba". Cela peut se comprendre lorsque l'on sait que les harceleurs de rue ont toujours régné en maître dans nos villes, et ce, en toute impunité... Enfin, jusqu'au mois prochain.... Affaire à suivre !