Des histoires vraies, assimilées à des films de fiction… Mariés au regard de l’Islam et divorcés légalement, ou divorcés devant "Dieu" et mariés selon la loi…

De nombreux couples qui vivent cette situation défilent quotidiennement dans les tribunaux. Le divorce traditionnel n’est pas reconnu par la loi sauf en présence de preuve. C’est pour cette raison que les avocats en appellent aux imams et aux exégètes afin de trouver une solution à cette problématique.

Certains époux ont recours au divorce traditionnel et jouent cette carte en obligeant, à l’encontre des principes religieux, l’épouse à réintégrer le foyer conjugal, lorsque celle-ci demande ses droits devant le tribunal. Des maris fuient ainsi les contraintes matérielles ou tentent tout simplement de se venger de leurs femmes, d’autant plus que le tribunal demande que le divorce, traditionnel ou pas, soit appuyé par une décision de justice.
Si le divorce est prononcé moins de trois fois, le problème ne se pose pas. Lorsqu’en revanche, le divorce est prononcé trois fois, le mariage est invalidé au regard de la religion, et le couple se retrouve au tribunal. Sachant qu’il est le premier responsable dans le divorce, le mari, dans ce cas précis, peut faire pression et se détourner de ses responsabilités matérielles et morales surtout s’il a des enfants. La femme elle, tente de se venger, de chercher davantage de compensations, en demandant au mari de revenir au domicile conjugal ou de l’accuser d’abandon de famille, ce qui est d’ailleurs puni par l’article 330 du code pénal.
Cette ruse se sert de la religion, déjoue la loi alors que l’union est considérée comme invalidée, du point de vue de l’Islam.
C’est dans une pareille affaire de divorce traditionnel, que Meriem M. a perdu tous ses droits. Pendant une année, son époux Slimane a divorcé d’elle une multitude de fois, avant de recourir à la conciliation. Lorsqu’il prononça trois fois le divorce, Mériem, enceinte de jumeaux, quitte le domicile conjugal. Quand elle accouche, elle demande au père des enfants de verser la pension, sauf que Slimane l’avait précédée au tribunal, l’accusant de l’avoir quitté alors qu’ils étaient encore mari et femme devant la loi. Mériem n’a pas pu prouver le divorce traditionnel au tribunal, elle a perdu tous ses droits et ceux de ses enfants.
Dans d’autres affaires, les époux sont les victimes. Ils prononcent trois fois le divorce, mais se retrouvent poursuivis pour abandon de famille !!
Sur cette question et d’autres, comme la maternité ou l’héritage, le droit positif prime sur le droit légal, explique maître Ben Brahem. L’avocate va plus loin en expliquant que dans certains cas, le droit international passe avant, ce qui génère une crise éthique et juridique. Les spécialistes dans le domaine sont appelés à concilier entre religion et législation pour résoudre ce genre de problème.


El chourouk