Préparation
Une jeune dame, habillée plutôt simplement, ne montre aucune gêne à nous dire qu'elle emprunte de l'argent chaque année pour, dit-elle, faire « el fel ». Elle le fait surtout pour ses enfants qui attendent cette fête comme l'Aïd El-Fitr ou l'Aïd El-Adha. En essayant de nous prouver que c'est une fête sacrée, notre interlocutrice nous explique qu'autrefois « on gardait une part du mélange qu'on posait sur la table le jour « J » et ce, même pour les bébés ». C'était un geste symbolique. Par ailleurs, un homme d'un certain âge nous dira que c'est une hérésie « bidâa ». Il avance que c'est une fête d'origine grecque que les algériens n'ont pas à fêter. Il continue sur sa lancée, mais lui aussi, malgré sa maigre bourse, il célèbre quand même cette fête et il dit : « je le fais surtout pour mes enfants ». Cependant, beaucoup de gens rencontrés dans l'un ou l'autre marché ont carrément rejeté l'idée de fêter Enayer. Les avis donc diffèrent même par rapport à son origine. Certains nous diront que c'est une fête d'origine chrétienne qui correspond au premier jour de l'année julienne. D'autres, non soucieux de l'origine exacte de cette fête, la célèbrent dans le seul but de présager une bonne année agricole. La célébration de cette fête est accompagnée de rites et de superstitions qui diffèrent d'une région à une autre. La manière la plus répandue consiste à préparer du cherchem, des beignets, du rougag, des gâteaux, etc. Les enfants, eux, attendent avec impatience le 12 janvier pour remplir leurs petits sacs confectionnés spécialement pour la circonstance.