Et si la star des cérémonies à venir n'était pas celle que l'on croit ? En délaissant le satin classique pour un brocart architectural, la maison Lalla Setti offre à la Chamsa jijelienne une allure souveraine. Focus sur une silhouette audacieuse qui place l'héritage régional au sommet de la Haute Couture.

L’actrice Zahra Harkat a récemment captivé l'attention dans une création qui rend hommage à une pièce très particulière du patrimoine algérien : la Chamsa de Jijel. Réinterprétée par la maison Lalla Setti Couture, cette silhouette délaisse les codes habituels pour s'imposer comme un art du luxe contemporain.

Il est essentiel de situer cette tenue comme la proche cousine de la gandoura constantinoise. Si elles partagent une lignée esthétique impériale, la Chamsa se distingue par ses codes spécifiques au littoral jijelien. Là où la tradition l'exige habituellement en tissus satinés légers, et sa cousine de Constantine en velours profond, Lalla Setti Couture opte ici pour une rupture textile audacieuse.

Une structure de brocart et de turquoise

La maison délaisse le traditionnel satin de soie au profit d'un brocart doré à la tenue architecturale. Ce parti pris textile rompt avec la fluidité habituelle de la Chamsa pour lui offrir une structure plus sculpturale et une aura résolument moderne et élégante. Ce choix transforme radicalement la Chamsa : la fluidité habituelle du satin cède la place à une rigidité moderne, métamorphosant la robe de cérémonie en une véritable armure solaire. La densité du brocart permet de sculpter la silhouette avec une précision que les tissus traditionnels ne permettraient pas.

L’analyse du vêtement révèle un travail d’orfèvre : sur le fond d’or se détachent des cabochons de turquoise et des cristaux, disposés avec une rigueur géométrique. Ce contraste entre le métal du brocart et le bleu minéral des pierres souligne la verticalité de la coupe, allongeant la silhouette tout en rappelant les parures anciennes. La structure des manches et l'ajustement du buste témoignent de la précision technique de l'atelier.

L'exclusivité Lalla Setti Couture

Basée à Alger (Benaknoun), la maison Lalla Setti Couture cultive une approche sans concession de la mode : ici, chaque pièce est une œuvre unique destinée à la vente. En refusant le système de la location, la marque garantit à ses clientes une exclusivité absolue. L’utilisation de cristaux véritables et de soieries de premier choix assoit la réputation de l'atelier dans le segment de la haute couture.

Pour Zahra Harkat, ce choix vestimentaire s'inscrit dans une continuité esthétique évidente. On se souvient de la complicité artistique évoquée dans notre portrait avec sa sœur, Amel Wahby. Cette sensibilité commune pour l'excellence se retrouve aujourd'hui dans cette capacité à porter le patrimoine avec une telle justesse.

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En braquant les projecteurs sur cette pièce avec une telle audace textile, Lalla Setti Couture laisse présager une démocratisation de la Chamsa dans les mois à venir. La maison prouve ainsi que la mode régionale algérienne possède un potentiel universel lorsqu'elle est servie par une vision créative exigeante.