Plongée au cœur du Blouza Day 2026 : entre tradition séculaire, création contemporaine et vent de liberté porté par la jeunesse, l'ancienne cathédrale d'Oran s'est transformée le 23 octobre en un temple de la mode algérienne. Retour sur un événement haut en couleur où le patrimoine immatériel brille de mille feux.

Ce 23 octobre, le parvis et la majestieuse enceinte de l'ancienne cathédrale d'Oran (actuelle Médiathèque) ont vibré au rythme de la 3ᵉ édition du Festival de la Blouza algérienne. Orchestré avec passion par l'équipe d'Oran Fashion Week et l'association « Rêve de jeunes », cet événement éclatant a vu la tradition séculaire se mêler à une créativité décomplexée, sous le regard enthousiaste du public et en présence de grandes figures culturelles.

Un tour de force organisationnel à saluer : L'engagement d'Oran Fashion Week

Derrière la magie des projecteurs, l'éclat des strass et la fluidité des défilés se cache un travail titanesque. Organiser un événement de cette ampleur au cœur de la cité d'El Bahia — coordonner des dizaines de créateurs, loger les équipes, gérer la sécurité d'un parvis historique et orchestrer un cortège en plein centre-ville — relève d'un véritable défi logistique et artistique.

blouza-day-oran-2026-patrimoine-unesco
Blousa papillon portée par Aya Bn, miss model Annaba 2025

Il convient de saluer avec force le courage, la ténacité et la vision de l'équipe d'Oran Fashion Week. Dans un contexte où la promotion des événements de mode exige une énergie de tous les instants, ces passionnés réussissent année après année l'exploit de hisser la mode algérienne au niveau des standards internationaux. Leur dévouement constant offre une vitrine d'exception aux artisans locaux et prouve qu'Oran est plus que jamais une capitale incontournable de la mode en Afrique du Nord. Une chose est sûre chez Dzirielle.com : la grandeur de cet événement a parfaitement rendu hommage à la magnificence de la Blouza.

Crédit photo : Fares Laifa Abdeljalil
Crédit photo : Fares Laifa Abdeljalil

Une impulsion nationale pour le classement de la Blouza à l'UNESCO

Propulsé sous l'égide du Ministère de la Culture et des Arts et soutenu par la présence de la Directrice de la Culture de la wilaya d'Oran, Bouchra Salhi, cet événement s'inscrit dans une démarche patrimoniale stratégique. Mᵐᵉ Salhi a d'ailleurs rappelé l'importance de ce vêtement qui réunit le patrimoine matériel et immatériel à travers ses 7 à 8 variantes régionales — de la Blouza Oranaise à celles de Mascara, Mostaganem et Tlemcen.

Alors que l'Algérie a officiellement déposé son dossier auprès de l'UNESCO pour l'inscription de « L'art de la Blouza et son ornementation », cette initiative fait suite au succès historique du classement du Chedda de Tlemcen, inscrit depuis 2012.

Comme nous le soulignions dans notre enquête Blousa à l’UNESCO : L’Algérie grave son histoire dans le marbre mondial, ce festival réaffirme sur le terrain la légitimité historique et la transmission vivante de ce savoir-faire textile.

Dans la stricte continuité du succès populaire rencontré lors de l'édition précédente, cette édition 2026 a confirmé que la haute couture algérienne sait marier le respect rigoureux des traditions à une audace contemporaine saisissante.

Crédit photo : Fares Laifa Abdeljalil
Crédit photo : Fares Laifa Abdeljalil

Une touche de modernité décalée : du casque de moto au style « Bridget Jones »

L'un des faits marquants de cette édition réside dans la réappropriation libre, fraîche et décontractée de la tenue par les invitées. Les personnalités et les jeunes femmes présentes ont pleinement joué le jeu, prouvant que la Blouza est un vêtement ancré dans son époque.

Le public a notamment été surpris et séduit par l'arrivée mémorable d'une influenceuse arborant fièrement sa Blouza assortie... d'un casque de moto ! Une autre jeune fille a fait sensation avec un style assumé « à la Bridget Jones », rehaussé d'un kardoune traditionnel noué dans les cheveux. Ces clins d'œil stylistiques incarnent une jeunesse algérienne fière de ses roots, capable de porter son héritage avec liberté, humour et une élégance naturelle.

Blouza Day 2026 à Oran : Quand le patrimoine algérien brille sur le tapis rouge

Un parterre de stars et une ambiance survoltée

La soirée a été rehaussée par la présence très élégante de la présentatrice TV Sabrina Siad, venue soutenir l'artisanat local et immortaliser les moments forts du podium. Outre la présence exceptionnelle de la Cheikha de la chanson oranaise Zahouania, invitée d'honneur de cette édition, la scène a été enflammée par la chanteuse montante Hasna El Azizi, qui a fait vibrer l'assistance. Au micro de Samira TV, la Cheikha Zahouania n'a pas caché sa fierté d'être présente, soulignant toute son affection pour la Blouza, ce joyau de notre patrimoine que portaient fièrement nos grand-mères et nos ancêtres.

L'événement a également rassemblé des figures incontournables des réseaux sociaux et de la scène culturelle algérienne. Parmi les personnalités influentes venues célébrer la Blouza sous les flashs des photographes, on notait la présence de Chahinaz Khider, de Sylia Limam, ainsi que de l'ambassadrice de la cuisine algérienne, Sherazade Laoudedj.

Crédit photo : Fares Laifa Abdeljalil
Crédit photo : Fares Laifa Abdeljalil

Du cortège vintage au tapis rouge de la Cathédrale

La journée avait démarré en beauté dans les artères emblématiques d'Oran avec une parade remarquable de voitures anciennes transportant des femmes vêtues de magnifiques Blouzas traditionnelles. Le cortège s'est ensuite dirigé vers le parvis de la Médiathèque d'Oran, où un tapis rouge digne des plus grands festivals internationaux accueillait les invités et les défilés des créateurs.

En soirée, les espaces intérieurs baignés de lumières chaudes ont laissé place à des expositions thématiques mettant en lumière la diversité régionale du costume : des variantes raffinées d'Oran à celles de Tlemcen, Mostaganem, Mascara jusqu'aux influences algéroises.

Blouza Day 2026 à Oran : Quand le patrimoine algérien brille sur le tapis rouge

Haute Couture & Podiums : Quand les mannequins brillent de mille feux

Sur le podium, cette édition 2026 s'est distinguée par des créations d'une finesse spectaculaire, où les modèles ont littéralement illuminé la scène :

  • Le travail d'orfèvre des plastrons (Sder) : Les maîtres artisans et designers ont rivalisé d’ingéniosité en proposant des broderies tridimensionnelles florales aux nuances pastel (bleu céleste, vert menthe, rose poudré) rehaussées de plumes délicates, de perles de rocaille et de cristaux étincelants accrochant la lumière.
  • Sublimes jeux de matières et coupes royales : Des satins fluides et des tulles de soie aux reflets argentés, des coupes ajustées à manches bouffantes travaillées jusqu'aux poignets, ornées de ceintures traditionnelles (Hizam) finement pierrées marquant la taille avec une distinction souveraine.
  • Ornements et parures d'exception : De la tiare royale sertie d'émeraudes aux voilages argentés assortis à des parures dorées authentiques, chaque silhouette incarnait le parfait équilibre entre le savoir-faire ancestral des maâlem et la haute couture contemporaine.
Newsletter Dzirielle
Ne manquez rien.
Mode, beauté, recettes & société — chaque semaine.
S'inscrire gratuitement
Confirmation par email — désinscription possible à tout moment.