Ce n’est pas qu’une affaire de soie, de perles et de broderies. C’est une véritable déclaration de souveraineté culturelle !


Ce mardi, l'Algérie a franchi une étape historique en déposant officiellement le dossier de la Blousa auprès de l’UNESCO. Depuis l'annonce, une vague de fierté submerge la toile : le patrimoine de l'Ouest algérien est en route pour l'éternité.

Une cérémonie sous le signe de la diplomatie

C'est au siège du CNRPAH à Alger que la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a présidé cet événement majeur. Le dossier, intitulé officiellement « L'art de la Blousa et son ornementation dans le grand ouest algérien », vise l'inscription sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Signe de la portée internationale de l'événement, l'épouse du Premier ministre de Serbie était présente aux côtés de la ministre, soulignant que la mode algérienne est un pont entre les nations.

Bien plus qu'un vêtement : un cycle de vie

À Tlemcen, la Blousa ne se contente pas d'habiller les mariées ; elle accompagne les femmes dans chaque étape de leur existence. Si la Blousa Mansouj, tissée de fils d'or et d'argent, incarne le faste des noces, le vêtement se décline aussi dans la sobriété des moments de deuil avec la Blousa L’ouEwar, portée lors des enterrements. C’est ce « génie des femmes », alliant mémoire et traditions sociales profondes, que l'Algérie souhaite faire reconnaître mondialement.

Une protection nécessaire face à l'actualité

Cette candidature à l'UNESCO arrive également à point nommé pour clore les polémiques régionales. Il y a quelques mois, l'apparition de la chanteuse marocaine Dounia Batma en Blousa, qu'elle a présentée comme étant d'origine oujdie, a provoqué une vague d'indignation sur la toile algérienne. Le dépôt du dossier « L'art de la Blousa et son ornementation dans le grand ouest algérien » vient ainsi réaffirmer de manière institutionnelle l'ancrage géographique et historique de ce savoir-faire.

Oranaise ou Tlemcenienne ? Un débat passionné

Au sein même de nos frontières, la Blousa suscite des débats enflammés. S'il est historiquement admis que la Blousa puise ses racines dans la cité millénaire de Tlemcen, elle a trouvé à Oran un second souffle, où elle a été modernisée et popularisée sous des formes plus contemporaines.

Sur notre page Facebook, ce sujet a d'ailleurs donné lieu à un débat houleux entre les "pro-Oranaises" et les "pro-Tlemceniennes", témoignant de l'attachement viscéral des Algériennes à cette pièce. Retrouvez les échanges passionnés de notre communauté ici.

Meddahates et traditions immatérielles

L'Algérie a profité de cette cérémonie pour soumettre d'autres trésors nationaux :

  • Les chants des Meddahates : Tradition orale féminine liée à l'éloge du Prophète.
  • Jeux de plateau : Un dossier portant sur la Kharbga, la Dama et la Mancala.
  • Savoir-faire communs : Des candidatures sur la poterie et les systèmes d'irrigation.

Prochaine escale : Xiamen 2026

Le verdict final sera rendu lors de la session du Comité de l'UNESCO à Xiamen, en Chine, du 30 novembre au 5 décembre 2026. En tant que vice-présidente du Comité, l'Algérie est idéalement placée pour porter la voix de ses artisans et assurer à la Blousa une place définitive au Panthéon de l'humanité.

Et pour vous, la Blousa est-elle d'abord Tlemcenienne ou Oranaise ?

Partagez votre avis et vos photos de famille pour faire vivre notre patrimoine ! #BlousaAlgérienne #PatrimoineUNESCO