L’approche de l’accouchement est un voyage émotionnel unique, où l’impatience se mêle à l’appréhension. Si la médecine guide l'arrivée de la vie, ce sont les femmes qui la racontent le mieux. Parce que rien ne remplace le vécu, Dzirielle a choisi de donner une place centrale à celles qui sont passées par là. Au-delà des conseils techniques, ce dossier s'appuie sur les récits vibrants, drôles et poignants de nos membres. Découvrez les coulisses de la naissance à travers leurs yeux : entre doutes, courage et émotions brutes, elles vous livrent la vérité sur ce moment qui a changé leur vie.

Le signal du départ : Savoir écouter son corps

L'organisation est votre meilleure alliée contre le stress. Préparez votre valise de maternité plusieurs semaines à l’avance pour garder l'esprit serein le jour J.

Les signes qui ne trompent pas :

  • Les contractions utérines : Plus régulières et intenses, elles surviennent environ toutes les cinq minutes et ne cèdent pas au repos.
  • La perte du bouchon muqueux : Un signe que le col travaille, même si l'accouchement peut encore attendre quelques jours.
  • La rupture de la poche des eaux : Un écoulement de liquide clair qui impose un départ immédiat pour la maternité.

Apprivoiser la douleur : Vos options

La gestion de la douleur est un choix personnel. Que vous optiez pour une approche physiologique ou médicale, l'essentiel est de vous sentir respectée dans votre décision.

La péridurale reste la méthode la plus répandue pour insensibiliser le bas du corps tout en restant consciente. Elle peut être posée jusqu'à une dilatation de 6 cm environ. Pour celles qui préfèrent une méthode naturelle, les techniques de respiration et de relaxation apprises lors de la préparation à l'accouchement s'avèrent être des outils puissants.

Les trois actes de la naissance

  1. La dilatation : La phase la plus longue où le col s'efface et s'ouvre jusqu'à 10 cm.
  2. L'engagement et l'expulsion : Le bébé descend et effectue sa rotation. C'est le moment de la poussée active, guidée par la sage-femme.
  3. La délivrance : Quelques minutes après la naissance, l'expulsion du placenta marque la fin de l'accouchement.

Paroles de Dziriyatnautes : Ces moments inoubliables

Le récit d'une ancienne membre active de notre forum : « Une rencontre tout en douceur »

« Le 26 juin, j’ai eu des douleurs qui se rapprochaient de plus en plus : la matinée, c’était toutes les 20 minutes ; l’après-midi, toutes les 10 minutes ; puis vers 17h, c’était toutes les 5 minutes. Je ne me doutais absolument pas que j’étais en plein travail parce que la poche des eaux ne s’était pas rompue.

Je demande à mon mari de me conduire à l’hôpital, espérant qu’on me retienne tellement les douleurs étaient insupportables (des contractions par les reins) ! Je prends une douche fissa, je mets une jupe longue et un haut, je prends mon sac avec mes papiers (rayha n7awess) ; ma valise de maternité était déjà dans le coffre de la voiture depuis des jours… et je priais ALLAH qu’on me garde, vu que la veille, la sage-femme ne voulait pas me garder à l’hôpital.

J’arrive à l’hôpital vers 19h, les infirmières me réceptionnent, je pleurais comme une madeleine… elles ont senti que c’était sérieux. La sage-femme me fait le toucher, j’étais ouverte à 3 doigts. Elle me dit que je suis arrivée à temps (heureusement pour moi, sinon je n’aurais pas eu ma péridurale) et elle me sort la phrase magique : “On vous garde” ! Dans ma tête, j’entends “HALLELUJA HALLELUJA”, j’en ai pleuré de joie. Les infirmières me demandent un échantillon d'urine, me font un prélèvement sanguin et on me place le cathéter pour les perfusions de glucose. On m’installe dans la salle d’accouchement ; chaque salle porte un nom de fleur, la mienne s’appelait “Les Lavandes”. Je n’oublierai jamais ce nom. Mon mari m’accompagne, on lui demande de porter la fameuse blouse bleue.

À 20 heures, on me déshabille, l’équipe des anesthésistes arrive pour me mettre sous péridurale. 20h20 : je commence à ressentir un drôle d’effet, des frissons, les douleurs s’atténuent. C’était sympa, j’avais une petite manette pour injecter davantage si l’effet de l’anesthésie diminuait. On nous laisse seuls (moi et mon mari), j’ai même pu dormir quelques heures dans la salle. La sage-femme venait me voir toutes les 40 minutes pour vérifier l’état de mon col. Le parcours de mon bébé s’est fait en douceur, 1 cm d’ouverture supplémentaire chaque heure, et à 4h du matin, la sage-femme m’annonce que je peux désormais pousser. La salle était pleine de gens : une sage-femme, une auxiliaire puéricultrice et deux infirmières qui surveillaient ma tension et mon taux d’hémoglobine ; l’une d’elles mettait sa main sur mon ventre afin de guetter les contractions, vu que je ne les sentais pas avec la péridurale.

La sage-femme me dit que ça va durer 30 minutes maximum pour tenir enfin mon bébé dans mes bras. Mais au moment des poussées, je n’étais pas très efficace. J’ai bien commencé, mais à la fin, je sentais que je ne faisais rien. La tête du bébé commençait à sortir, puis son épaule… et là, je bloque… On appelle en urgence le chirurgien gynécologue et là, j’ai commencé à paniquer. La gynécologue me demande de pousser, mais toujours rien, l’autre épaule du bébé était bloquée. Soudain, je vois les spatules dans leur emballage, mon mari me rassure, et je sens les spatules pour écarter le passage (indolore). À 4h34, je sens mon bébé sortir. Et oui, même avec la péridurale, ça se sent ! Au moment de la sortie du bébé, toute l’équipe l’accueille avec des cris de joie, comme si c’était le leur. On dépose ma fille sur ma poitrine directement. J’entends sa petite voix toute mignonne, on dirait un chaton. J’ai versé une larme de joie et je lui ai fait un bisou sur la tête ; elle a serré le doigt de mon mari et s’est endormie. On me l’a laissée contre ma peau un bon moment, le temps qu’on me fasse les points de suture car j’ai eu une épisiotomie.

Après l’accouchement, ma tension chute ainsi que mon taux d’hémoglobine. On me surveille de près pendant 4 heures dans la salle de travail, on me fait une perfusion d’une solution riche en fer, puis on me met dans ma chambre avec ma fille. Je suis restée 4 jours à la maternité. Pendant mon séjour, les infirmières vérifiaient mon taux d’hémoglobine, ma tension, et les auxiliaires de puériculture vérifiaient combien de fois Lyne avait tété… Le 3ème jour, on a fait à Lyne un dépistage de maladie génétique et le 4ème jour, je suis sortie avec ma petite princesse.

C’était une expérience inoubliable, j’en garde de bons souvenirs… Et celui qui a inventé la péridurale, ned3ilou bel khir… Si c’était à refaire, je le ferais sans hésitation ! »

Le récit de Shemsy : « Un tourbillon d'émotions »

« Je passais le réveillon du Nouvel An avec mon mari, mes sœurs et frères chez moi. Pendant toute la journée, je prépare la déco avec eux et ma petite sœur touche mon ventre : “Shemsy, il est bizarre ton ventre, il est tout carré”. Je soulève mon t-shirt et c’était incroyable mais vrai ! C’était trop bizarre, limite il y avait des angles droits… En plus bébé ne bougeait pas trop, je le stimulais assez souvent pour qu’il réagisse… bref !

La soirée se déroule comme prévu et vers 2h, je commence à souffrir d’une grosse douleur au niveau des reins. Je pleurais, impossible de rester assise ni debout ; avec les contractions, je tremblais des jambes. Je m’assois et me balance de gauche à droite pour soulager mon dos. Je vais voir mon mari qui joue à la Play et il me dit, paniqué : “Non non, c’est dans ta tête, c’est mental, il n’y a rien, allonge-toi”. Il essaye de m’allonger et me dit de dormir. Je me suis mise à hurler, je le maudissais. Il a fini par appeler l’hôpital. La sage-femme lui dit que je devrais venir seulement quand j’aurais perdu les eaux et elle me conseille de prendre un bain chaud.

Je me fais couler un bain bouillant, je reste dedans plus d’une heure. Les contractions sont de plus en plus rapprochées ; elles sont toujours présentes mais atténuées dans l’eau. J’essaye de sortir de la baignoire, impossible. Je tire de toutes mes forces et je sens quelque chose qui se déchire. Je sors de la baignoire et là : pppshhhhhiiiit, on aurait dit une canette ! Puis tout s’enchaîne : je perds les eaux, j’appelle mon mari, il prend ma valise, j’appelle l’hôpital pour les prévenir. J’habite au 3ème sans ascenseur, je suis pliée en deux. Je descends les marches une à une ; mon mari croit que je fais semblant : “Arrête, c’est mental, il n’y a rien, redresse-toi, c’est bon”. Pendant toute la descente, j’insulte — astaghfirullah — toute sa lignée, sa famille, son patelin, tout le monde y passe… Et plus je descends, plus je sens une pression en bas.

Il roule comme un malade jusqu’à l’hôpital, prend les dos-d’âne à fond, en 5 min on y est. Je mets ma main en bas et je sens un truc qui sort, je me mets à flipper. Il va chercher un fauteuil roulant et m’emmène en courant aux urgences maternité. Je suis toujours pliée en deux… La sage-femme me demande de me lever de la chaise, je lui explique que je n’y arrive pas. Elle lève les yeux, soupire et me dit de faire un effort… Elle m’aide à me lever, me donne un pot et me demande de faire pipi. Je me mets à crier que je ne peux pas ! Que j’ai trop mal et que la tête sort. Elle me dit qu’elle connaît son travail, que je ne peux pas être dilatée à 9 cm en l’espace de 5 minutes. Elle m’allonge, me retire mon pantalon et là, je vois ses yeux qui ressortent ! Elle se met à courir et, en une minute, je suis sur un brancard. On me dit que la tête est bien avancée et que je ne dois surtout pas pousser. Sauf que moi, depuis que j’ai perdu les eaux, je pousse à chaque contraction car ça soulage la douleur…

Il est 5h40, on m’installe en deux minutes. Je commence à pousser et je hurle comme une malade (paraît-il que tout le service m’a entendue) ! La sage-femme sort des ciseaux car mon bébé a une grosse tête. J’arrête de pousser et je l’insulte. Je regarde mon mari, je l’attrape par les cheveux : “Sur la tête de ma mère, dis-lui qu’elle range ces ciseaux sinon je ne pousse plus !”. Elle les repose. Je me dis que je risque des déchirures, je m’en moque complètement. Et là, l’ange est apparu sous la forme d’une stagiaire qui propose de me verser de l’eau additionnée de glycérine pour que ça passe. Ça m’a fait un bien fou, le bébé glisse comme du savon. Elle fait sortir les épaules et me propose de le sortir moi-même. Je tire mon fils et le pose sur moi……………….. Pffffiiiiooooooooouuu, indescriptible ! Je pleure, je rigole, je l’embrasse… Et là, je capte que mon mari était à côté et qu'il criait : “Vas-y, ça fait pas mal !!” (l’enflure !).

Mon mari regarde le petit et dit : “Il est tout sale, ahhh !”. Puis il éclate en sanglots et sort. Il revient 3 minutes plus tard et quand je lui demande pourquoi il est parti, il répond : “Je ne veux pas que mon fils me voie pleurer, il va me prendre pour un faible”.

Mon trésor est arrivé à 6h13, ça a duré moins d’une demi-heure. 4,3 kg de pur bonheur ! »