"C'est un Algérien finalement" : Les mots forts de Louisette Ighilahriz à Annaba. Au-delà du glamour, découvrez pourquoi la présence de cette icône de la Révolution a bouleversé le festival.

Si la 6ème édition du Festival du Film Méditerranéen d'Annaba a brillé par ses mises en beauté spectaculaires et ses coiffures haute couture, l'événement a su s'élever au-delà du simple glamour. Entre deux passages de stars aux looks impeccables, le tapis rouge a vécu un moment d'une intensité rare : l'hommage vibrant rendu à une légende vivante de la lutte de libération nationale, la moudjahida Louisette Ighilahriz.

Un hommage vibrant à une icône de la liberté

En reconnaissance de son combat héroïque durant la Guerre d'Indépendance, Louisette Ighilahriz a été mise à l'honneur dans un moment de recueillement et de célébration nationale. Visiblement émue, elle a exprimé sa joie d’être présente à Annaba, une ville qu'elle a saluée comme un carrefour de culture, d’histoire et de rencontres.

« Sa participation apporte une dimension mémorielle forte, rappelant le lien profond entre le cinéma, la mémoire nationale et la transmission aux jeunes générations. »

Une déclaration marquante : "Benjamin Stora est un Algérien finalement"

Lors d'un échange avec le média Le National, la moudjahida a partagé une réflexion symbolique sur l'historien Benjamin Stora et son travail sur la mémoire. Avec la sagesse qui la caractérise, elle a déclaré : « C'est un Algérien finalement », soulignant ainsi le lien indéfectible qui unit ceux qui portent l'histoire de cette terre.

Cet accueil chaleureux réservé à Annaba témoigne de la reconnaissance éternelle de la nation envers ses héros, faisant de ce festival bien plus qu'un simple événement culturel, mais un véritable pont entre le passé glorieux et le futur créatif de l'Algérie.

Si le nom de Louisette Ighilahriz était déjà connu en Algérie pour son engagement moudjahid, c’est son témoignage retentissant dans Le Monde le 20 juin 2000 qui a marqué un tournant irréversible. Pour la première fois, elle brisait publiquement le tabou ultime en racontant les tortures et les viols subis au sein de la 10e division parachutiste à Alger.

En Algérie, aborder ces traumatismes signifiait affronter une "chape de plomb" sociale et familiale. Louisette explique qu'elle n'avait jamais pu exprimer cette douleur et ce "déshonneur" imposé par l'occupant sans craindre le regard des autres. Ce témoignage n'était pas seulement un rappel historique, mais une libération personnelle cathartique, bien qu'elle l'ait payée au prix fort par des déchirements familiaux.

Face aux dénégations des généraux français de l'époque, son récit a été authentifié par le général Massu lui-même, confirmant l'existence du commandant Richaud. Ce médecin militaire, qu'elle a cherché pendant des décennies, reste pour elle l'homme providentiel qui l'a sauvée d'une mort certaine en la soignant clandestinement.

Aujourd'hui, alors qu'elle a été honorée au Festival d'Annaba 2026, son message reste le même : transformer la douleur en mémoire pour que la France reconnaisse enfin l'usage systématique de la torture et du viol comme armes de guerre.

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