<strong>Emma Meston</strong> est à la tête d'<strong>Ikone Paris</strong>, une maison spécialisée dans la haute joaillerie artisanale. Nous l'avions rencontrée lors de l'Oriental Fashion Show de Paris en novembre dernier, où elle sublimait les caftans du créateur <strong>Albert Oiknine</strong> avec des parures de tête d'une rare élégance. La rédaction de <em>dzirielle.com</em> l'a interrogée sur son parcours, ses inspirations et ses futurs défis. Rencontre…
dzirielle.com : Racontez-nous la naissance d'Ikone Paris.
Emma Meston : L'aventure a démarré en 2002 ! Très jeune, je fabriquais déjà des bijoux que je vendais lors de ventes privées. C’est à l’occasion de l’un de ces événements que j'ai rencontré une personne qui m'a présentée à l'assistante du couturier Christian Lacroix. Je m'y suis rendue avec quelques échantillons de mes créations ajustables.
La collaboration fut immédiate : quelques semaines plus tard, je participais à la réalisation de pièces pour sa collection Haute Couture. L’une de ces robes, portée par Madonna, a d'ailleurs été exposée au Musée des Arts Décoratifs de Paris. À l'époque, je n'avais même pas encore créé ma société. C'est ce tremplin qui m'a poussée à me professionnaliser en m'associant à une ancienne collègue pour gérer les aspects administratifs et commerciaux.
Parlez-nous de votre participation à l'Oriental Fashion Show.
C'est ma deuxième participation. Lors de l'édition 2010, j'avais déjà accessoirisé de nombreux caftans. C'est grâce à mon amie photographe Alexandra Badonneau que j'ai rencontré Hind Joudar (la responsable de l'événement). Cette collaboration m'a immédiatement séduite, car mon travail est naturellement influencé par la peinture orientaliste. D'ailleurs, une grande partie de ma clientèle est originaire du Maghreb et du Moyen-Orient.
Un mot sur vos créations : comment travaillez-vous et quels matériaux utilisez-vous ?
J'utilise une sorte de "dentelle de métal" — du cuivre étamé, de l'argent ou de l'or en bobine — qui sert de structure à mes pièces. J'ai moi-même inventé ce procédé que j'ai baptisé "l'emmaillage". J'y incruste ensuite spontanément des éléments pour composer ma palette de couleurs et de volumes, exactement comme si je peignais un tableau.
Je ne sais jamais à l'avance ce que je vais créer ; tout est réalisé à la main et chaque bijou est unique. Pour la petite anecdote, j'ai d'ailleurs toujours beaucoup de mal à réaliser une paire de boucles d'oreilles identique !
Quelles sont vos sources d'inspiration ?
Comme tout artiste, tout m'interpelle : une matière, un tableau, une thématique... Je reste très libre dans mon art, même si je m'inspire parfois de certains créateurs. La seule "contrainte" à ma liberté créative vient des requêtes spécifiques de mes clientes. Je me dois d'être à leur écoute pour leur offrir une pièce sur-mesure parfaite, notamment pour les mariages.
"La plus grande reconnaissance, c'est lorsqu'une cliente découvre sa pièce et me confie que c'est encore plus beau que ce qu'elle avait imaginé."
À propos de votre nouvelle collection ?
Pour cette nouvelle collection, j'ai choisi la thématique des Années Folles. C'est un hommage à ma grand-mère paternelle qui était styliste-modiste. J'avais envie de travailler sur des formes géométriques et de mélanger les métaux : argent, or et métal brut.
Que souhaitez-vous transmettre à travers votre art ?
Je cherche avant tout à transmettre la valeur du travail manuel. Mes créations exigent un artisanat méticuleux et un temps considérable. C'est un travail laborieux mis au service d'une passion. Aujourd'hui, dans un monde dominé par l'industriel, il est parfois difficile de faire comprendre ce qu'est le véritable luxe. C'est pour cette raison que je ne travaille exclusivement que dans cet univers.
Vos projets futurs ?
L'un de mes projets actuels est la personnalisation d'Abayas pour le Sultanat d'Oman. Je vais travailler pour cela en étroite collaboration avec des brodeuses locales.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page officielle : Facebook Ikone Paris.
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