Comme promis, voici un passage que j'ai trouvé très instructif :
« Comment un problème d'identification de ses émotions peut-il conduire à des problèmes de santé ?
Premièrement le déficit dans l'identification des émotions pourrait conduire à un déficit dans la régulation des émotions, laquelle se traduirait par une hyperréactivité physiologique. Deuxièmement, l'alexithymie (difficultés dans l'expression verbale des émotions communément observées parmi les patients présentant des symptômes psychosomatiques) pourrait indirectement endommager la santé. L'incapacité des alexithymiques à réguler leurs émotions via des stratégies de régulation adaptées (comme par exemple le partage social des émotions) les conduirait à chercher à anesthésie leurs émotions via des comportements addictifs ou compulsifs (fumer, abuser de substances…). Des études montrent que la prévalence de l'alexithymie est plus élevée chez les alcooliques et les cocaïnomanes. Troisièmement, l'alexithymie pourrait engendrer une perception perturbée du fonctionnement somatique (e.g. confondre les manifestations physiologiques d'une émotion avec les indicateurs d'une maladie) et augmenter ainsi la fréquence des plaintes somatiques. Dans ce cas de figure, l'alexithymique ne serait pas plus souvent malade mais aurait simplement l'impression subjective d'être plus souvent malade. Enfin, l'alexithimie pourrait indirectement influencer la santé via des difficultés au niveau social. L'individu alexithymique a en effet tendance à s'isoler, à développer de faibles compétences sociales, à nouer peu de relations et à bénéficier de ce fait d'un support social restreint. L'alexithymique ne bénéficie donc pas de l'effet protecteur du support social sur la santé