• Exclusion de tous les laitages animaux. Car les produits laitiers – notamment ceux qui contiennent des caséines de lait de vache - sont pro-inflammatoires pour une grande partie de la population. « Nous sommes les seuls animaux à aller chercher le lait d’une autre espèce pour nourrir nos enfants, mais aussi les adultes !, rappelle Anne Seignalet.
A éliminer : lait, beurre, crème, fromages, yaourts et crèmes glacées…
Par quoi les remplacer ? Par des laits et des desserts végétaux (de riz, de soja), de la crème de soja, des huiles vierges utilisées crues à la place du beurre.
• Limiter les cuissons excessives. Les protéines animales (viande, œufs, etc.) doivent être cuites à moins de 110°C pour éviter la formation de glycotoxines, des molécules qui ne peuvent quasiment pas être digérées. Quant aux fruits et légumes frais, une cuisson douce évite de leur faire perdre une grande partie de leurs qualités nutritives (notamment des vitamines et minéraux précieux).
Comment cuisiner ses aliments ? Opter soit pour du cru, soit pour un aller-retour à la poêle pour les viandes rouges (mais sans matières grasses, car toutes les graisses cuites sont proscrites), soit pour des cuissons douces de type vapeur pour les légumes et les viandes blanches.
« Il faut revenir à une alimentation basée avant tout sur une grande quantité de fruits et de légumes de saison et bio de préférence, résume Jacqueline Lagacé. En évitant le recours aux aliments préparés, industrialisés, et en limitant sa consommation de sel et surtout de sucres raffinés qui, tout le monde s’accorde à le reconnaître aujourd’hui, sont de vrais poisons. »
Quelle durée ?
« Les premiers temps du régime hypotoxique peuvent s’accompagner d’une aggravation des symptômes ou de petits inconvénients : pellicules, aphtes, diarrhées…, met en garde Anne Seignalet. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces signes peuvent signifier que le régime fonctionne bien car ils montrent que le corps élimine ce qui le gênait. Cela n’enlève rien au fait que quand on est fatigué, cette aggravation des symptômes peut être mal vécue. Mais cela vaut la peine de persévérer ! »
Pas de pâtes, de pain, de fromage ou de beurre ? Pour la majorité d’entre nous, le régime hypotoxique impose une refonte en profondeur de nos habitudes alimentaires. Et peut sembler très restrictif de prime abord. Ne tolère-t-il aucune exception ?
« Il faut garder à l’esprit que Jean Seignalet a élaboré ce régime pour des personnes qui souffraient de maladies lourdes. Elles venaient le consulter après avoir suivi des traitements allopathiques qui s’étaient tous soldés par un échec. Pour eux, c’était l’approche de la dernière chance. Donc en tant que médecin, il leur conseillait de le suivre de manière très stricte pendant un an, afin de voir si les mécanismes d’élimination et de désencrassage fonctionnaient bien ». Dans les faits, certains réagissent très vite – quelques jours leur suffisent pour constater des effets – pour d’autres, c’est plus long. Et tout dépend aussi, de l’objectif recherché.
« Aujourd’hui, pour un effet thérapeutique, il est conseillé de le suivre pendant au moins trois mois, de manière très rigoureuse, poursuit Anne Seignalet. Le faire en dilettante risque de vous faire passer à côté de ses effets. Mon père avait, par exemple, une patiente qui n’y dérogeait que pour manger une biscotte chaque matin… Et cette biscotte a bel et bien bloqué les effets du régime. En revanche, si on choisit de le suivre pour des petits désagréments du quotidien, les écarts seront moins graves. On risque dans la plupart des cas un retour des symptômes. »
Pour qui ?
Un régime risqué ?
Les détracteurs du régime Seignalet pointent du doigt les carences qu’il pourrait entraîner, notamment en calcium du fait de l’élimination des produits laitiers. Pour ses partisans, en revanche, pas de risque : les fruits et les légumes frais apporteraient suffisamment de vitamines, d’oligo-éléments et même de calcium, sous une forme plus facilement assimilable pour le corps humain. En cas de doute ou de perte de poids trop importante, mieux vaut consulter un médecin.
Aujourd’hui, le régime hypotoxique rencontre un succès qui va bien au-delà des personnes souffrant de maladies chroniques. Beaucoup le suivent désormais avec d’autres motivations, notamment les sportifs, dont les performances seraient nettement meilleures. « Il est loin le temps où on leur conseillait de manger des pâtes qui, finalement, alourdissaient leur digestion, résume Anne Seignalet. Non seulement ce régime « décrasse » le corps, mais il est aussi très efficace contre les tendinites… »
Autres adeptes du régime hypotoxique : tous ceux qui se découvrent sensibles au gluten sans pour autant présenter les symptômes - parfois très lourds - de la maladie coeliaque. « Des études récentes montrent que la sensibilité au gluten non-cœliaque touche au moins 30% de la population aux Etats-unis », avance Jacqueline Lagacé. Des personnes chez qui le gluten est désormais accusé d’entraîner des sensations d’inconfort, des lourdeurs, ou une certaine fatigue. « J’ai reçu beaucoup de témoignages d’hommes et de femmes qui pensaient ne pas avoir de véritables problèmes de santé, seulement quelques petites douleurs, poursuit l’auteure. Or en changeant d’alimentation, elles se retrouvent pleines d’énergie, elles dorment mieux, elles ne souffrent plus de troubles intestinaux… Tous ces petits désagréments avec lesquels on s’habitue à vivre mais qui – on s’en aperçoit une fois que l’on s’en est débarrassés – nous empêchent de nous sentir véritablement bien. »
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