Samir REKIK · 1 janvier 1970 à 01:00
La femme : a - t-elle été conçuernpour se soumetre?
Auteur : Samir REKIKrnpublié in l'Authentique (1998) et Nouvelles Confidences (1997)
rn« La femme est l'avenir de l'homme » nous dit Louis Aragon. Depuis la nuit des temps, le monde est fait de couples composés d'homme et de femme. De femme, d'homme au sujet desquels existent des tas de questions :
l'homme a – t-il été créé pour faire la loi ?
la femme a – t-elle été conçue pour se soumettre ?
quel crédit pourrait – on donner à la prédiction de l'Ecrivain et homme politique Français – auteur de « la condition humaine [1993] » André Malraux « le vingt et unième siècle sera féminin où ne sera pas ».
Mais peut – on parler de démocratie, de droits de l'Homme, d'un avenir meilleur sans y intégrer la femme?
N'est – elle pas responsable dans son foyer comme l'a dit le prophète : « La femme est une bergère dans la demeure de son mari et est responsable de son troupeau … »?
De nos jours, la femme est pour certains très indépendante et très autonome. On peut tout de même admettre qu'elle a acquis un certain degré de liberté et d'évolution par rapport aux générations passées.
Malheureusement, de nos jours, on voit que la vie de couple est devenue la scène de tous les conflits et ce, à cause de la négligence des conjoints. Du coté des hommes, on voit qu'ils sont sans merci envers leurs conjointes, avec des emmerdements quotidiens, des injures et qui, quelquefois, sont répudiées pour un rien.
Pour un homme c'est une chose de comprendre et même d'approuver l'émancipation de la femme, mais c'en est une autre de prendre le tablier pour laver la vaisselle ou préparer le dîner.
Dieu le Tout - puissant a dit : « Et comportez – vous convenablement envers elles. Si vous avez de l'aversion envers elles durant la vie commune, il se peut que vous ayez de l'aversion pour une chose où Dieu a déposé un grand bien ». (Coran 4.19).
Si on se réfère à La religion de Dieu ; cette dernière offre à la femme des points de repères qui l'aident à distinguer le vrai du faux et, partant, à accepter le premier tout en rejetant le second.
La femme croyante s'engage, en toute conscience dans la voie de son émancipation, de sorte à refuser le faux, combien même il serait érigé en loi humaine. Ce refus la libère des contraintes de la vie, incompatibles avec les droits que la religion lui accorde, et la prépare à la concrétisation des bons usages prescrits par ces valeurs islamiques.
Hors mariage, le ménage et la maternité n'étant plus, elle redevient l'instrument des passions animales et selon le milieu social, on l'achète cher ou bon marché, on peut même se ruiner pour elle, mais on la méprise toujours. Elle est le vice que souvent l'on porte au pinacle, que l'on ouvre de fleurs, mais qui reste quand même le vice. La femme ne fait, cependant, pas qu'être désirée. Elle désire ; l'instinct parle aussi en elle, mais la société ne lui donne aucun droit de se faire valoir.
Son besoin d'aimer, la femme ne peut le satisfaire qu'en se mettant sous tutelle matrimoniale, à moins qu'elle ne préfère se vendre. Alors, à la tutelle s'ajoute l'abjection, c'est à dire l'abaissement moral …
Malgré ce mépris, le monde a changé et la femme algérienne commence à réfléchir sur sa condition. Lorsque, grâce aux carrières qui s'ouvrent devant elle, elle trouve la possibilité d'assurer son existence sans le secours de la famille où d'un homme, elle réclame, avec tous ses autres droits, le droit à l'amour ! D'abord, pour manifester son existence, elle commence par emprunter les deux voies principales qui l'aideront à lutter pour recouvrer ces droits : la première, c'est la création de vastes organisations féministes, et la deuxième, c'est l'adhésion à des partis politiques, au sein, bien sur, de ceux qui défendent ses droits. Dans ces derniers, la femme est admise, en principe ; et en principe toujours, elle y est traitée à l'égale de l'homme, sur un même pied d'égalité.
Il y a aussi une autre Algérie, celle des filles modestes qui n'ont rien goûté ; elles sont venues comme ça dans les ténèbres et elles vont partir dans les ténèbres. La plupart d'entre – elles se sentaient vivre dans une prison et leurs maris, frères et pères leur apparaissent comme des geôliers. Elles n'ont pas d'instruction mais, en plus, elles sont enfermées, elles ne voyaient et ne savez que ce que les hommes veulent bien leur dire.
Sincèrement, ces filles modestes qui sont très attachés aux coutumes algériennes aimeraient apprendre et comprendre bien des choses. Pour celles qui viennent, il faut qu'elles soient libres, mais aucun moyen ne leur est donné pour compléter leur instruction et défendre leurs droits.
La majorité de ces dernières sont mariées avant d'arracher une bonne éducation ou un métier. Car leur fonction essentielle « est de procréer, d'allaiter et de tenir un ménage ». Les hommes ne choisissent leurs épouses que selon leur capacités à assumer leurs rôles de maîtresses de maison et de mères de famille.
La plupart de ces femme - filles au foyer ne bénéficient pas de certaines facilités de la vie moderne. Elles ne quittent le domaine privé que pour des visites familiales, mariages ou circoncisions, accompagnées de leur mari, de leur fils ou fille, ou de leur belle – mère.
Ces qu'on dit cloîtrées ressentent fortement cet emprisonnement inacceptable et humiliant, recourent à la magie pour dompter et quelques fois détruire leurs oppresseurs mâles. Elles utilisent souvent même le service des Magiciennes seules.
Comment peuvent – elles sourire un jour, quand elles ont les yeux embués de larmes ? Et comment se réjouir, quand, elles portent en soi des blessures pas encore cicatrisées ? … leur bonheur a été gâché par des souvenirs de douleur …
D'après les Fouqahas rien n'est prévu pour la femme dans l'au – delà. Car elle ne sera que la compagne passive de la jouissance de leurs maris.
Mais pour éviter le pire, vous devez d'abord changer votre mentalité pour obtenir un réel progrès. Tout cela se passe par une éducation morale.
L'homme pourrait avoir une haute idée de lui même et se prévaloir de sa position et de ses droits comme Chef du foyer et de la femme, pour agir despotiquement, oubliant que l'amour doit caractériser le cercle matrimonial.
Si l'autorité, dans ce domaine, est attribuée au mari, il doit toujours se souvenir que cette autorité doit s'exercer avec grâce et amour, et s'exprimer dans les termes d'amour et de tendresse qui conviennent à un canal de la volonté divine, Le devoir le plus nécessaire de la femme pour le maintien d'une vie familiale heureuse, c'est d'aimer son amant et de le chérir.
La femme consciencieuse et pieuse cherchera à mettre en pratique ses nobles sentiments qui comportent le don entier de soi – même, pour assurer au maximum le bonheur de son bien - aimé.
Elle recherchera dans les détails de la vie quotidienne comment il pourra lui plaire plutôt qu'à elle – même, et manifestera un souci constant pour son bien – être. Il doit épauler son bien aimé dans ses charges, le protège des anxiétés et des craintes, le console dans les heures de tristesse, et vient en aide à ses faiblesses sans le lui reprocher.
Quelques algériennes se sont investies dans les associations et les O.N.G., décidées à en finir, avec les plaies profondes dont souffre l'Algérie, la misère, l'analphabétisme … Ces militantes hors pair activent généralement dans l'anonymat, elles sont modernes dans un pays aux structures archaïques, elles vont à contre – courant des consignes millénaires et le paient parfois très cher. Et parce que c'est ainsi un grand pays de misère.
A titre d'exemple, le Ministre des Affaires Islamiques et des Habous du Royaume Chérifien (Maroc) a rapproché aux associations féminines de s'immiscer dans un domaine où l'on ne peut en référer qu'au Comité Scientifique des Ulémas. Or, ce Comité venait d'opposer un net refus à toutes les revendications féminines, se contentant, pour tout argument d'inviter « Les masculinisées parmi les à rester dans leur anonymat ». Et il a même accusé les associations féminines de menacer la continuité de la religion musulmane … reprenant les thèses selon lesquelles les sont trop sentimentales et émotives pour prendre des décisions importantes.
Certes, trouver une place dans une société où le champ public a été réservé aux hommes n'est pas chose facile …
Des difficultés quelles rencontrent viennent surtout de l'absentéisme d'un Etat qui, non seulement ne leur attribue aucune gratification, mais encore ne reconnaît même pas leur statut dans « le code de la famille »
Les mariages forcés renferment en eux un sentiment d'injustice. Obliger une personne à vivre toute sa vie avec une autre personne pour laquelle elle n'éprouve aucune sympathie, aucun sentiment ou même qu'elle déteste, comporte quelque chose d'intolérance. Souvent les parents n'ont pas conscience de la gravité de cette démarche.
De bonne foi, ils estiment qu'ils doivent marier leur fille à une personne qu'ils lui ont eux – mêmes choisis. Ils pensent connaître les qualités appropriées que doit avoir le prétendant pour aspirer épouser leur fille …
De l'indépendance à aujourd'hui, les « représentantes » des , sous l'égide des appareils, dominés par des hommes autoritaires et misogynes – ont sans cesse demandé l'élaboration et l'adoption d'un code de la famille ayant pour objectif l'émancipation des de la tutelle arbitraire exercée sur elles par les mâles : Les privilégiés d'un ordre patriarcal anachronique et à jamais révolu. Cependant, les mâles détenteurs des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, pressurés à l'extrême par des Fouqahas charlatans et des forces sociales conservatrices, archaïques et archaïsantes, ne veulent imposer qu'un code de la famille conforme à la Chariaä et au néo - patriarcat.
La question qui se pose, donc, est que faire pour obliger les membres de cette société néo – patriarcal arabo – islamique à se conduire moralement en dehors de leurs micro – groupes primaires (une jungle où seuls les riches et les puissants sont respectés et reconnus) ? Comment pouvons – nous les induire à laisser les s'émanciper de la tutelle des mâles ainsi que leurs sacro – saintes traditions islamiques : notamment la Chariaä utilisées par les potentats de l'ordre néo – patriarcat parasitaires ?
En effet, à chaque fois que la question de l'amélioration du statut juridique des est soulevée, ils brandissent la Chariaä et les valeurs morales pour leur rappeler la nature sacrée et inchangeable de ces dernières valables pour tous les temps et tous les lieux !
En outre, le Calife Omar Ibn Al Khattab avait aussi créé un excellent précédent juridique concernant l'abrogation même d'un Verset Coranique. En effet, il a interdit le mariage de jouissance (Zawäj el – mut'ä) ; [ré instauré récemment en Algérie par les islamistes et leurs groupes terroristes armés]. Cette forme de mariage temporaire est autorisée par le Coran : « Versez le douaire prescrit aux dont vous avez joui »
A travers toutes les sociétés, qu'elles soient considérées comme traditionnelles ou modernes ou encore en transition, les hommes sont toujours considérés comme teurs et agressifs. A l'inverse, la femme est estimée comme étant tendre, soumise, éducatrice …
Il existe des vérités culturelles universelles parmi, lesquelles le fait que la quasi – totalité des sociétés sont patriarcale – dirigées par des hommes.
Naturellement toute femme aimante réalisera ainsi qu'elle est donnée à son bien – aimé pour être une aide qui lui corresponde et pour travailler dans son intérêt, de même que lui veille sur son bien – être. Elle cherchera comment elle plaira à son bien – aimé et sera une vraie compagne et une aide pour lui. Ainsi, l'amour trouve son plaisir à servir.
Car, l'amour, c'est quand on apparaît infiniment simple à l'autre, et quand on ne peut penser qu'à l'autre, avant soi. Et l'amour, c'est ce qui est encore plus riche que l'amitié, et qui la contient. Et dans ce vrai amour mutuel, les droits propres sont oubliés ; chacun pense à l'autre.
De même, la femme doit aimer son compagnon comme son propre corps ; celle qui aime son propre compagnon, s'aime elle même. Car personne n'a jamais haie sa propre chair, mais il la nourrit et la chérit. Ce qui devrait caractériser la relation de la femme envers son mari, c'est la soumission au Chef (la tête) que Dieu lui a donné.