Après un bac littéraire avec option théâtre, la jeune Parisienne se lance dans l’apprentissage de son art avec une humilité désarmante. Elle suit d’abord six mois de formation dans une école du 18e arrondissement, avant de perfectionner son jeu au cours de Stéphane Gildas à Tolbiac, puis auprès de Bérengère Basty à l’Art’aire Studio. En parallèle, elle enchaîne les petits boulots pour financer ses études. Serveuse, standardiste, hôtesse : des expériences de terrain qui nourriront plus tard ses personnages avec un réalisme touchant.
En 2005, elle se présente à un casting sans trop y croire. C’est pourtant là que tout bascule. Elle décroche un rôle dans Sheitan, film d’horreur sulfureux signé Kim Chapiron, où elle interprète une "beurette" à la fois fraîche et sauvage, troublante d’intensité. Ce premier rôle marquant ne passe pas inaperçu : un agent repère aussitôt cette jeune femme au charisme brut et décide de l’accompagner dans ses débuts professionnels.
Très vite, les projets s’enchaînent. À la télévision, elle donne la réplique à Pascal Légitimus dans Les Tricheurs, avant d’apparaître dans Pour l’amour de Dieu, aux côtés de Smain et Rachid Hami. Elle s’y impose avec une justesse qui dépasse les attendus de son jeune âge, oscillant entre candeur, profondeur et énergie brute.
C’est cependant au cinéma que Leïla Bekhti confirme son potentiel avec le film Mauvaise foi, une comédie dramatique réalisée par Roschdy Zem. Ce face-à-face tendre et piquant entre un couple mixte, lui musulman, elle juive, conquiert le public par son audace et sa sincérité. Leïla y est bouleversante de naturel, donnant à son personnage une humanité vibrante. Le film connaît un succès retentissant et assoit définitivement sa place dans le paysage du cinéma d’auteur engagé et contemporain.
Leïla Bekhti ne ressemble à personne. Refusant les clichés, elle impose son style, sa voix, ses silences. Elle choisit ses rôles avec une exigence rare, fuyant les projecteurs inutiles pour mieux les apprivoiser à l’écran. Prometteuse, certes. Mais déjà indispensable à ceux qui croient encore que le cinéma peut être à la fois populaire et profondément humain.
À 23 ans, elle n’a pas encore dit son dernier mot. Et c’est justement ce qui rend son avenir si passionnant à suivre.
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